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Résumés

Jean-Pierre Cometti (Univ. De Provence)

L’Art comme expérience et l’art à l’état vif

Au-delà de l’intérêt qu’aura éveillé  chez une partie de ses lecteurs la partie de l’ouvrage consacrée au rap, la publication de L’art à l’état vif  aura marqué le retour du pragmatisme et de la pensée de Dewey dans le contexte philosophique français. Le rôle qu’y joue la notion d’expérience, telle qu’elle y est interprétée et réinterprétée, prend aujourd’hui un relief qui  place sous une plus juste lumière les analyses de Dewey dans son livre de 1934 : L’art comme expérience. Les présentes réflexions s’attacheront à en évaluer la portée au regard des pratiques artistiques qui y contribuent, et qui posent en des termes nouveaux le problème de l’art et de la vie, tel que Dewey, ainsi que les avant-gardes artistiques, l’avaient primitivement introduit dans le champ clos de l’art autonome.

 

Mathias Girel (Ecole Normale Supérieure d’Ulm)

Un héros shustermanien? L'expérience dans Old Joy de Kelly Reichardt.

Il s'agira de revenir sur quelques aspects de l'expérience dans le pragmatisme de Richard Shusterman, à la lumière du film Old Joy de Kelly Reichardt, et sur l'arrière-plan fourni par Expérience d'Emerson ainsi que par le chapitre 3 de l'Art comme expérience de Dewey. 

 

Giovanni Matteucci (Université de Bologna, Italie)

L'esperienza estetica in quanto prassi antropologica

Come per la prima stagione del pragmatismo un  elemento cruciale è stata la critica dell'empirismo (oltre che del razionalismo) per quel che concerne la concezione dell'esperienza, così il confronto attuale tra estetica pragmatista ed estetica analitica ha come esemplare linea di tensione la definizione dello statuto dell'esperienza estetica. In particolare, nell'intervento si vorrebbe mostrare come la prospettiva antropologica implicata dal pragmatismo, che vede l'organismo umano sempre in interazione con l'ambiente naturale e sociale che lo circonda, determini una concezione dell'esperienza utile a evidenziare le parzialità di approcci puramente analitici ancora subalterni a una visione empirista.


Spyros Franguiadakis (Lyon 2)

« De l’égalité dans le vif de l’expérience artistique… ? »

Reconsidérer la notion de l’art en la reconnectant à la vie et resituer l’esthétique populaire dans l’expérience « à l’état vif », sont deux perspectives au cœur de la problématique de l’ouvrage de Richard Shusterman « L’art à l’état vif ». Je propose dans cette communication de chercher d’abord à dégager les procédures méthodologiques mobilisées, les médiations et les assemblages, mais aussi les précautions proposés par l’auteur pour penser « l’esthétique populaire » ; et ce, non seulement comme dépassement des dualismes (grand art, art noble, beaux arts versus art de masse, art vulgaire, art populaire), mais surtout afin de préciser comment l’approche pragmatiste est déployée pour (« bien ») rendre compte de l’art populaire.

En s’intéressant donc au régime d’énonciation et d’enquête de cette esthétique populaire comme praxis, je proposerai ensuite d’interroger sa politicité c’est-à-dire la façon dont il participe à des « modes d’existence » de l’art populaire qui rendent possible une manière de pluraliser la conception de l’art. Cette pluralisation invite-t-elle à une révision déchirante de la définition dominante de l’art, de son extension et de sa compréhension ? Cette révision aurait-elle un sens politique ? « Faire éclater l’art, on le libère » écrit Etienne Souriau, et il ajoute « et si les initiatives de ces pratiques appartiennent au peuple – et non pas aux seuls artistes patentés-, à libérer l’art, c’est le peuple qui se libère. » (« Populaire », dans Vocabulaire d’esthétique, p.1226)

C’est sous cet angle que je souhaiterais enfin prolonger la réflexion pour savoir si ces « modes d’existence » de l’esthétique populaire contribuent à reconfigurer le champ de l’expérience et à devenir matière d’un faire ou plus précisément d’un défaire de l’ordre inégalitaire du sensible pour reprendre les catégories de la politique de Rancière. Accorder une attention toute particulière ici à l’expression « …à l’état vif », bien présente dans le titre même de l’ouvrage en question, permettra de réactualiser la pensée de Shusterman afin de préciser les enjeux sociaux et politiques de l’esthétique populaire dès lors qu’elle participe à donner à voir et à faire entendre autre qu’il n’est…

 

Wojciech Malecki (Université de Wroclaw, Pologne)

“What Can We Humanities Professors Do for Democracy?” On Cultural Politics and Popular Art 

The main aim of the paper is to discuss Richard Shusterman’s pragmatist approach toward popular art, particularly as far as the political aspect thereof is concerned. I begin by providing a brief characterization of the origin, goals, and principal aspects of Shusterman’s project of aesthetic legitimization of this kind of art, focusing on his rebuttals of a variety of criticisms leveled against it. In the remainder of the paper, I discuss Richard Rorty’s arguments against what he calls cultural politics, and try to extrapolate them to Shusterman’s project, which leads me to the conclusion that (a) Shusterman’s pragmatist aesthetics is a valuable theoretical approach to the political aspects of popular art, in particular because despite its strongly emphasizing the importance of those aspects it avoids reducing popular art’s value to them, and (b) that Richard Rorty is right to warn us against the perils of the narrow concentration on cultural politics in emancipatory projects.


Salvatore Tedesco (PR, Esthétique, Univ. Palermo, Italie)

Shusterman: la question du corps entre pragmatisme et anthropologie

La somaesthetique de Shusterman revient au projet baumgartenien d’une « science de l’homme », menant à une rencontre féconde entre la philosophie de la nature qui anime le pragmatisme de Dewey et les perspectives de l’anthropologie philosophique contemporaine

 

Peng Feng (Vice Director of Center for Aesthetics and Aesthetic Education au Peking University, Chine)

Body in Contemporary Art.

"Body is a popular theme in art. Even if contemporary art is becoming more and more abstract, the Body is still prevailing in today’s art circle. Of course, the implications or meaning of body are very different. This paper will deal with several cases of appropriation of body in contemporary art. Based on the selected cases, we can see the different functions and concepts of body in contemporary art."

 

Yann Toma (artiste, PR, UFR 04, Paris 1 Sorbonne)

Somaesthétique, flux radiants et états transactionnels.

Au coeur de l'expérience que mènent ensemble Yann Toma et Richard Shusterman depuis plusieurs années dans différentes parties du monde, il s'agit de s'interroger sur la possible incarnation de la somaesthétique à travers la photographie et l'expérience commune qu'ils développent. Les flux radiants sont-ils en capacité d'entendre le style somatique et son caractère transnodale ? Quelle forme de kynesthésie se joue-t-elle ? Comment ce protocole de séparation énergétique entre-t-il en relation avec le philosophe ? L'application de l'expérience somatique dans des milieux fondamentalement inscrits dans l'environnement social et politique accompagnent le besoin de perturbations et de désordre tout en aménageant une forme d'espace transactionnel. Il s’agit ici d’une charge poétique et métaphorique qui ne peut exister que si la relation se fait entre le sujet et le photographe. « La part d’opacité  aménagée entre l’autre et moi, mutuellement consentie (ce n’est pas un apartheid), agrandit sa liberté, confirme aussi mon libre choix, dans une relation de pur partage, où échange et découverte et respect sont infinis, allant de soi » (É. Glissant).

 Last Modified 11/8/16